Est-ce ainsi que les femmes meurent ? - Didier Decoin -

Sa mort a été signalée par un entrefilet dans le journal du lendemain : « Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle. »
On arrête peu de temps après Winston Moseley, monstre froid et père de famille. Rien de plus. Une fin anonyme pour cette jeune femme drôle et jolie d'à peine trente ans. Mais savait-on que le martyre de Kitty Genovese a duré plus d'une demi-heure, et surtout, que trente-huit témoins hommes et femmes, bien au chaud derrière leurs fenêtres, ont vu ou entendu la mise à mort ?
Aucun n'est intervenu. Qui est le plus coupable ?
Le criminel ou l'indifférent ?
A la fois récit saisissant de réalisme et réflexion sur la lâcheté humaine, traversée d'un New York insalubre et résurrection d'une victime, le roman de Didier Decoin se lit dans un frisson.
Ma Critique
J'ai choisi ce livre pour le côté intrigue, suspens.
Je ne l'ai pas véritablement trouvé comparé à d'autres romans car ici
tout est déjà dévoilé, trop même.
Du frisson, juste un peu ; la barbarie serait plus appropriée.
Ce voleur, assassin la nuit et dans la journée employé modèle, mari fidèle, bon père de famille, est complètement dément ; surtout quand on apprends pourquoi il réalise le meurtre de jeunes femmes.
On apprendra au tribunal que Kitty n'était pas la seule à son tableau de chasse .
Moseley ne cache aucun meurtre, les avouant sans scrupules avec des détails que le légiste n'a pas diagnostiqué.
Je n'ai pas trop aimé le style de l'écriture, de longues parenthèses dans lesquels ont perds le fil de l'histoire.
Une histoire effarante, bouleversante ; quand on connaît le nombre de personnes lors de l'enquête capable de donner des indices, des horaires à la minute prés et n'avoir pas eu le cran d'appeler la police .
N'ayant aucun scrupules, remords de leur comportement lors de l'audience .
Décevant ce manque d' initiative ; on ne peux qu'être révoltée par cette lâcheté.
Une seule personne aura le cran de descendre ; sa voisine, une jeune maman pour accompagner cette pauvre Kitty dans son dernier souffle.
L'épilogue est intéressant, on y apprend que la passivité des témoins face à ce meurtre est un cas d'école pour les psychologues , qu'il porte le nom de syndrome Kitty Genovese : plus il y a de témoins à un crime ou un accident, plus la probabilité que personne n'intervienne est forte. La responsabilité de chacun paraît se diluer dans la masse.
Il n'était pas le premier et ne sera pas le dernier ; surtout quand on sait qu'au USA la non assistance en personne en danger n'est pas un délit.
La question que l'on se pose .. et moi qu'aurais je fait ?
Morte de trouille, les doigts tremblants, j'aurais appelé la police.
Je culpabiliserais à vie de n'avoir rien tenté!
Didier Decoin est un écrivain a découvrir , auteur de nombreux romans et membre de l' Académie Goncourt.